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Volume 31    issue 2  ,  June  2010
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Deux corticiés nouveaux méditerranéens à spores allantoïdes
p. 143-152
 

Abstract

 
Two news Mediterranean species of corticioid Basidiomycetes with allantoid spores are described and illustrated. Aphanobasidium gloeocystidiatum, growing on dead stem of Cistus monspeliensis, has very small basidia, smooth spores, and gleocystidia. Vuilleminia ericae, on bark of still living Erica arborea, is characterised by its very long basidia and large spores.

Résumé

 
L'auteur décrit et illustre deux nouvelles espèces de Basidiomycètes corticioïdes aux spores allantoïdes de la région méditerranéenne. Aphanobasidium gloeocystidiatum, récolté sur une tige morte à la base d'un Cistus monspeliensis, possède de très petites basides, des spores lisses et des gléocystides. Vuilleminia ericae, récolté sur l'écorce d'un Erica arborea vivant, a de très longues basides et de grosses spores.

a Muséum national d'histoire naturelle. Service des collections, herbier de mycologie.
Case Postale n° 39. 57, rue Cuvier. 75231 Paris cedex 05
duhem@mnhn.fr

Introduction

Des excursions mycologiques dans la réserve naturelle de la Massane (Pyrénées-Orientales) 1 et dans ses environs furent l'occasion de récolter de nombreux corticiés sur les arbres et arbustes méditerranéens qui peuplent les massifs forestiers et les maquis de la région d'Argelès-sur-Mer, au sud de Perpignan. Parmi ces récoltes, deux corticiés, l'un sur Ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis) et l'autre sur Bruyère arborescente (Erica arborea) vivante sont inédits. Nous proposons donc de les décrire comme espèces nouvelles, respectivement dans les genres Aphanobasidium et Vuilleminia. Si elles ont en commun des spores de forme allantoïde, remarquons qu'elles sont à l'opposé l'une de l'autre par les dimensions de leurs basides et de leurs spores.

MATÉRIELS et MÉTHODES

Les spécimens étudiés sont déposés dans l'herbier de Paris Cryptogamie (PC). Les prélèvements et les coupes fines exécutées à main levée sont observés dans une solution de potasse à 3 %, additionnée d'une goutte de Phloxine aqueuse (environ 1 % du volume). Dans certaines préparations du rouge Congo SDS est ajouté pour une coloration plus soutenue. Le réactif de Melzer, pour détecter une éventuelle amyloïdie, et le bleu lactique ont également été utilisés. Les dimensions des spores ont été établies à partir de 30 spores sur sporée, les minimums et maximums sont notés entre parenthèses, et les moyennes des longueur, largeur et du rapport Q (longueur sur largeur) sont notées en italique.

Descriptions

Aphanobasidium gloeocystidiatum Duhem sp. nov.                               Figs 1 à 8

Diagnose latine : Effusum, tenuissimum. Hyphis fibulatis. Gloeocystidiis, 13-25 × 4-6,5 μm, hyalino ad luteo contento. Basidiis tetrasterigmaticis, 6,5-12,6 × 3,4-5 μm. Sporae allantoidae, laeves, haud amyloideae, (4,5) 4,7-6 (6,3) × 1,8-2,4 μm. Ad Cistum monspessulanum. Holotypus in herbario PC sub n. 0097871 (BD 4863) conservatus; lectus apud Bois de Lavall (gorges de Lavall ou gorges de la Massane), propre d'Argelès-sur-mer, regione Pyrénées-Orientales (Gallia), legit B. Duhem, le 5 novembre 2008.

Étymologie : l'épithète spécifique souligne la présence de gléocystides.

Description : Basidiome entièrement étalé, peu étendu, très ténu, étroitement adhérent au substrat, en revêtements lisses, pruineux voire un peu farineux à très finement poruleux sous la loupe, gris bleuté à gris-blanc. Marge indéterminée.

Coupe jusqu'à 30 μm d'épaisseur (figs 1 et 2) ; structure monomitique de texture dense, aux hyphes bouclées, tortueuses à paroi mince à ferme, sans incrustations, aux articles très contournés, × 1,2-4 μm, irrégulièrement enflés à noduleux et agglomérés, très soudées et peu lisibles. Quelques hyphidies grêles, sinueuses et peu ramifiées, émergent çà et là au milieu des éléments hyméniens. Dès la base, se trouvent des vésicules subglobuleuses en forme deballon de baudruche, à globuleuses, mesurant 6,5-14,5 × 6-11 μm, à paroi ferme et sans contenu particulier (fig. 3) ; s'observent également de nombreuses gléocystides, de 13-25 × 4-6,5 μm, généralement cylindriques, obtuses, parfois élargies ou, au contraire, comprimées, à base un peu rétrécie ou stipitée et souvent flexueuse (fig. 4) ; un court appendice latéral est parfois visible à la base; le contenu apparaît homogène, incolore à nettement jaune (surtout celles collapsées ou vétustes) dans la potasse, et parfois avec quelques guttules jaunes dans le réactif de Melzer (figs 2 et 5). Nous n'avons pas testé, sur le frais, les réactifs sulfoaldéhydiques, mais quelques mois après la récolte, leur contenu restait inchangé dans la sulfovaniline. Les basides sont courtes, terminales ou plus rarement pleurales avec un bref prolongement latéral (pleurobasides) souvent difficile à voir, et mesurent 6,5-12,6 × 3,4-5 μm; elles sont de formes variables, en « tonneau » court, évasées au sommet, presque triangulaires, brièvement cylindriques ou cylindro-clavées plus ou moins comprimées à mi-hauteur et, dans ce cas, utriformes, atténuées vers la base ou au sommet, portant 4 stérigmates souvent assez forts par rapport à la taille de la baside; le contenu est souvent guttulé (figs 6 et 7). Petites spores allantoïdes, de (4,5) 4,7-5,5-6 (6,3) × 1,8-2,11-2,4 μm, Q = 2,2-2,6-2,94, à paroi mince non amyloïde et au contenu généralement biguttulé (fig. 8).

 

Figs 1 à 8.
figs 1-8
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Figs 1 à 8. Aphanobasidium gloeocystidiatum (Holotype PC0097871). 1. Coupe du basidiome. 2. Autre portion de basidiome en coupe dans le réactif de Melzer. 3. Vésicules basales. 4. Gléocystides. 5. Une gléocystides au contenu guttulé observée dans le réactif de Melzer. 6. Deux basidioles. 7. Basides terminales et pleurales. 8. Spores.

 

Matériel examiné : France. Pyrénées-Orientales, bois de Lavall (ou La Vall ou encore Lavail), dans les gorges de « La Massane », commune de Sorède (sur parcelles privées), près d'Argelès-sur-mer » ; Altitude : env 240 m; Coordonnées géographiques : × = 655 241,8 m ; y = 1 722 890, 9 m (projection Lambert II Carto, Système français du Méridien de Greenwich). Sur une petite branche morte, à la base d'un Ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis) et recouvrant partiellement un vieux basidiome de Tomentella. Legit B. Duhem, le 5 novembre 2008. Holotype PC0097871 (n° BD4863), PC.

Commentaires : Nous avons choisi de décrire notre récolte dans le genre Aphanobasidium. En effet, plusieurs caractères, comme la minceur du basidiome, la texture, les hyphes, la forme et la taille des basides et celles des spores, se retrouvent chez certaines espèces de ce genre, en particulier chez A. allantosporum, A. pruina et A. pseudopruina. Les deux premières espèces diffèrent surtout par des spores amyloïdes et ont été transférées dans le genre Amyloxenasma (= Aphanobasidium subgenus Amyloxenasma (Oberw.) Boid. & Gilles 1989) par Hjortstam & Ryvarden en 2005. La troisième, A. pseudopruina, décrite de l'île de la Réunion (Boidin & Gilles 2000), s'en rapproche davantage en raison de ses petites spores, non amyloïdes, mais non allantoïdes plus cylindriques, peu déprimées et légèrement plus larges (4,2-5 × 2,4-2,7 μm). De plus, aucune de ces trois espèces n'a de gléocystides. Dans le genre Aphanobasidium, seul A. paludicola (Hjortstam & Roberts 1995) Boidin & Gilles 2004 possède des gléocystides au contenu un peu jaunâtre, réagissant dans les réactifs sulfoaldéhydiques (sulfocystides), mais de plus grandes dimensions (25-42 × 7-12 μm), tout comme les autres éléments microscopiques, pleurobasides et spores. Les gléocystides de notre champignon évoquent immédiatement, lors du premier coup d'?il, celles des espèces du genre Basidiodendron (Tremellales, Exidiaceae), par leur forme et leur contenu devenant jaune. Mais la présence d'holobasides et non de phragmobasides dans notre corticié éloigne bien évidemment ce genre. Les plus courtes basides, qui sont le plus souvent terminales, en « tonneau », isodiamétriques ou presque sphériques, peuvent faire penser aux genres Paullicorticium (P. allantosporum, par exemple) et Sphaerobasidium (en particulier S. gloeocystidiatum). Elles s'écartent du premier par un nombre régulier de quatre stérigmates aux basides, la présence de gléocystides et un basidiome plus consistant ; du second, par des spores et des gléocystides différentes. Enfin, nous pourrions évoquer des similitudes également avec les genres Repetobasidium (en particulier R. macrosporum) et Oliveonia, qui se distinguent avant tout, respectivement, par la présence de répétobasides et des spores produisant des spores secondaires.

Afin d'argumenter le choix du genre pour notre nouvelle espèce, nous faisons ici une petite mise au point concernant les Xenasmataceae Oberwinkler (1965).

En 1963, Donk précise que le genre Phlebiella P. A. Karsten 1890, n'a pas été validement publié. Curieusement, cette importante information aura eu peu de répercussion sur les travaux ultérieurs. Oberwinkler (1977) reprend même ce nom de genre prioritaire, Phlebiella, à la place de Xenasmatella Oberw. 1965, pour les seules espèces à spores ornées, ayant remarqué que Phlebiella vaga, type du genre, avait des pleurobasides. Par la suite, beaucoup d'auteurs, Hjortstam & Larsson (1987) Hjortstam et al. (1988), Boidin & Gilles (1989a, 1989b), Telleria et al. (1997), Boidin & Gilles (2000), par exemple, utiliseront le nom de genre Phlebiella. C'est en 2005, que Piatek use des arguments de Donk (loc. cit.) pour placer Dendrothele canariensis (Manjon & Moreno) Hjortstam 1995 et sa sous espèce bicornis Boid. & Duhem 1996 dans le genre Xenasmatella Oberw. 1965. Ce genre, publié 75 ans après Phlebiella pour des Xenasmataceae sans cystides et à 4 stérigmates, était présenté alors avec deux sous-genres: Xenasmatella, type X. subflavidogrisea (Litsch.), à spores lisses ou verruqueuses, non amyloïdes et Amyloxenasma, type X. grisella (Bourd.), à spores lisses, amyloïdes.

Dans une publication traitant des corticiés pleurobasidiés de France, Boidin & Gilles (1989a), retracent la génèse de cette famille et résument 3 positions possibles (1989a: 72). Nous adoptons ici les points 2 et 3 pour une plus grande homogénéité des genres. C'est-à-dire que nous laissons dans le genre Phlebiella (ici remplacé par Xenasmatella Oberw. 1965) les espèces à spores verruqueuses. Mais contrairement à ces auteurs, nous séparons les genres Aphanobasidium Jülich 1979, pour les espèces à spores lisses, non amyloïdes et Amyloxenasma (Oberw.) Hjortstam & Ryvarden 2005, pour les espèces à spores lisses amyloïdes. Il nous faut donc, dans un premier temps, introduire ici la nouvelle combinaison :

Aphanobasidium bicornis (Boidin & Duhem) Duhem stat. et comb. nov.

Basionyme: Dendrothele canariensis (Manjón & Moreno) Hjortstam 1995 subsp. bicornis Boid. & Duhem, Bull. Soc. mycol. Fr. 112(2): 98, 1996.

L'adoption du genre Xenasmatella Oberw. 1965, nous mène à y verser quelques espèces décrites auparavant dans le genre Phlebiella. Ce sont :

Xenasmatella borealis (K. H. Larsson & Hjortstam) Duhem comb. nov.

Basionyme: Phlebiella borealis K. H. Larsson & Hjortstam, Mycotaxon 29: 316, 1987.

Xenasmatella caricis-pendulae (P. Roberts) Duhem comb. nov.

Basionyme: Phlebiella caricis-pendulae P. Roberts, Synopsis Fungorum 22: 25, 2007

Xenasmatella globigera (Hjortstam & Ryvarden) Duhem comb. nov.

Basionyme: Phlebiella globigera Hjortstam & Ryvarden, Synopsis Fungorum 20: 39, 2005.

Xenasmatella palmicola (Hjortstam & Ryvarden) Duhem comb. nov.

Basionyme: Phlebiella palmicola Hjortstam & Ryvarden, Synopsis Fungorum 23: 83, 2007.

Nous revenons sur la question soulevée par Boidin & Gilles (1989a) sur les affinités réelles des espèces possédant des pleurobasides. Ces auteurs écrivaientà ce sujet : « Sans études comparatives de leurs acides nucléiques, on ne peut répondre aujourd'hui à cette question avec certitude. » Une vingtaine d'années plus tard, les données moléculaires sur ces espèces sont encore pratiquement inexistantes. Cependant, des résultats très fragmentaires, prenant en compte trop peu d'espèces dans ces genres, ont été publiés (Binder et al., 2005, Larsson et al., 2004, Larsson 2007) et montrent des rapprochements de certaines espèces d'Aphanobasidium (en particulier A. pseudotsugae) avec les genres Radulomyces (= Cerocorticium), Coronicium et Merulicium, au sein des Pterulaceae. Ces premiers résultats supportent aussi l'idée qu'il faille séparer l'espèce type du genre Phlebiella (P. vaga) de Phlebiella pseudotsugae, que nous laissons donc dans le genre Aphanobasidium. Il avait aussi été remarqué que d'autres espèces, telle Aphanobasidium canariense - décrite à l'origine par Manjó et Moreno (1982) dans le genre Cerocorticium (= Radulomyces) - avait des similitudes avec Radulomyces rickii ou encore R. confluens (Duhem inédit, Ghobad-Nejhad & Kotiranta 2007, Binder et al., 2005), chez lesquelles on observe aussi des pleurobasides, mais dont les spores se sont révélées être, en microscopie electronique, très finement ponctuée.

Vuilleminia ericae Duhem sp. nov.                               Figs 9 à 13

Diagnose latine : Jacens, decorticans, in parvis maculis bene limitatis, tenuissime, tum plus ceraceus, albidus ad cremeum. Hyphae angustae, fibulatae. Dendrophyses hyalinae numerosa. Leptocystidia nulla. Basidiolae subcylindricae, basi latae, in basidiis apice dilatato transientes, 150-200 et ultra × 7-13 μm, 4-sterigmatibus validis. Sporae allantoideae, interdum arcuatissimae, (16,5)-18,5-23,6 (25) × (6) 7-9 μm, laeves, tunica tenuis haud amyloideae, interdum multi-guttulatae. Super viventis Ericae arboreae. Holotypus in herbario PC sub n. 0097872 (BD4840) conservatus; in regione mediterranea, regione Pyrénées-orientales (Gallia), legit B. Duhem, le 2 novembre 2008.

Étymologie : l'épithète spécifique se réfère au nom de genre du support, Erica.

Description : En scrutant l'écorce des bruyères vivantes, on peut observer localement ou en de multiples endroits des troncs et branches des parties écorcées irrégulièrement délimitées et de taille très variables. Sous la loupe, ces zones décortiquées sont recouvertes, sur le frais, d'une fine pellicule translucide grasse grisâtre laissant transparaître le bois sous-jacent ou de dépôts un peu plus épais blanchâtres céracés, qui s'étendent parfois sur les parties marginales non exfoliées. Le basidiome est souvent si mince qu'il n'est repérable que grâce à l'absence de l'écorce. La texture est très emmêlée, dense, mais aux hyphes dissociables, très tortueuses, noueuses, × 1-2,5 μm, et constellée de nombreux cristaux interstitiels plus ou moins agglutinés en masses informes (fig. 9). Ces hyphes se terminent en surface par des dendrophyses aux ramifications fines et çà et là noduleuses (fig. 10). Dès la base, se rencontrent des éléments plus larges et difformes, plus ou moins allongés et entremêlés d'une façon désordonnée, au contenu multiguttulé, qui sont des basidioles. Celles-ci vont se développer en un très long col étroit et cylindrique, tortueux, se frayant un passage à travers les hyphes pour émerger longuement au-dessus des dendrophyses (figs 9 et 13). À maturité, les basides s'élargissent juste au sommet, d'où partent 4 gros stérigmates recourbés en corne (fig. 11). Ces longues basides (fig. 13) sont difficiles à mesurer en raison de leur sinuosité. Nos mesures atteignent 150-200 × 7-13 μm et peuvent même dépasser les 200 μm de long! Une grande portion de ces basides se trouve mélangée aux hyphes et leur croissance se fait certainement plus ou moins horizontalement dans le subiculum ou en surface avant leur émergence çà et là, d'où des longueurs démesurées compte tenu du basidiome extrêmement ténu, dont l'épaisseur est très inférieure à 200 μm. Aucun type de cystide n'a été décelé. Les spores sont allantoïdes, à la courbure très prononcée ou plus cylindriques très arquées, et mesurent (16,5) 18,5-20,7-23,6 (25) × (6) 7-7,8-9 μm, Q = 2,42-2,66-3,42. Le sommet obtus est souvent un peu atténué; la paroi est mince, lisse, non amyloïde, et le contenu très guttulé. L'apicule proéminent est bilobé, comme chez les hétérobasidiomycètes (fig. 12).

Matériel examiné : France. Pyrénées-Orientales, forêt communale d'Argelès-sur-mer, le long du sentier montant vers la réserve naturelle intégrale de la Massane; altitude env. 650 m; Coordonnées géographiques : × = 657 418,6 m ; y = 1 721 440,9 m (projection Lambert II Carto, Système français du Méridien de Greenwich). Sur Erica arborea vivant, legit B. Duhem, le 2 novembre 2008. Holotype PC0097872 (n° BD4840), PC.

Commentaires : Dans une étude récente (Duhem & Gérard 2007), nous avons proposé une clé d'identification des espèces du genre Vuilleminia. Si l'on suit cette clé, suivant les caractéristiques de notre récolte sur Erica arborea, nous aboutissons à V. comedens. De toute évidence, il ne s'agit pas de cette espèce. Les spores sont nettement plus allantoïdes, plus arquées et aussi plus trapues, car un peu plus larges. Les basides sont encore plus longues et tortueuses, pouvant atteindre au moins 200 μm! De plus, les basidiomes ont un aspect différent. V. corticola Parm. a des spores de morphologie similaire, mais plus longues (24-32 × 7,8-8,6 μm), et elle n'est pas décortiquante. Elle a d'ailleurs, pour cette dernière raison, été transférée dans le genre Dendrothele par Boidin et al. (1994), ces auteurs limitant le genre Vuilleminia aux espèces décortiquantes. Nous l'avions néanmoins intégrée dans notre clé du genre Vuilleminia (Duhem & Michel, l. c.) en attendant de nouvelles informations à son sujet.

 

Figs 9 à 12.
figs 9 à 12
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Figs 9 à 12. Vuilleminia ericae (Holotype PC0097872). 9. Reconstitution d'une portion du basidiome vue en coupe. 10. Dendrophyses. 11. Extrémités de deux basides montrant les quatre stérigmates. 12. Spores.

 

Fig. 13.
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Fig. 13. Vuilleminia ericae (Holotype PC0097872). Basidioles et basides.

 

Remerciements. Ils s'adressent en particulier à Joseph Garrigue, responsable de la Réserve Naturelle de la Massane (Pyrénées-Orientales) au sein de la Fédération des Réserves Naturelles Catalanes, pour son aide précieuse et patiente sur le terrain. Je remercie Jacques Melot (Islande) pour son avis nomenclatural sur la validité du genre Phlebiella. Je suis enfin reconnaissant à Guillaume Eyssartier, qui a apporté quelques corrections et à Denis Lamy (MNHN) pour les diagnoses latines et la relecture.

RéFéRENCES

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1. L'autorisation de prospecter nous a été accordée par le Laboratoire Arago BP 44, 66651 Banyuls-sur-Mer cedex, gestionnaire de la Réserve Naturelle de la Massane et siège de l'Association des Amis de la Massane et FRNC (Fédération des Réserves Naturelles Catalanes). http://www.catalanes.reserves-naturelles.org

 

 
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